Le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il abaissera son financement pour la campagne de vaccination contre la grippe aviaire à 40%, contre 70% actuellement. Prise sans concertation avec les acteurs de la filière de la volaille, cette décision représente un coup de massue pour les éleveurs, qui craignent de ne pas pouvoir supporter le surcoût.
Un coup de gourdin sur la tête. Le vendredi 14 mars, le ministère de l’Agriculture a annoncé aux éleveurs de volaille, et cela sans concertation préalable, qu’il va baisser son financement de pour la campagne de vaccination contre la grippe aviaire à partir du 1ᵉʳ octobre prochain. La part assumée passera de 70 à 40%. Du jamais vu. Jusqu’alors, les réductions se faisaient à petites incisions. Cette fois-ci, il s’agit d’une saignée brutale.
La volaille auparavant abattue en cas de grippe aviaire
La baisse de financement concerne la vaccination des canards. Ce soutien résulte d’un accord entre l’État et les filières. Ces dernières années, il a permis de réduire drastiquement la propagation de la grippe aviaire en France. Auparavant, lorsque des foyers apparaissaient dans les élevages, les volailles étaient abattues qu’elles soient infectées ou pas, afin de contenir la propagation de l’influenza. Ces abattages représentent de lourdes pertes économiques pour les éleveurs.
Les éleveurs plongés dans le désarroi
La vaccination obligatoire et subventionnée était donc apparue comme un salut. Avec l’annonce de la réduction de la subvention de plus de moitié, c’est toute une filière qui se retrouve ainsi démunie. En Dordogne, pays du foie gras, les aviculteurs sont plongés dans le désarrois. Certains questionnent l’avenir face au surcoût que la décision du gouvernement induit. La même réaction domine en Vendée, un autre terroir de la viande de volaille.
Vers un impact économique désastreux
Les professionnels estiment que le désengagement de l’État causera 6 000 euros de charges supplémentaires. Guy-Marie Brochard, le président du comité interprofessionnel du canard à rôtir en Vendée, pense que la filière ne pourra pas assumer la différence. « L’impact du surcoût sur le produit serait désastreux pour l’avenir de la filière. On serait sur un surcoût à la charge de la filière entre 150 et 170 euros la tonne », a-t-il calculé. Il entrevoit même « un impact économique désastreux » au niveau du produit fini.
Les éleveurs demandent une réunion avec la ministre de l’Agriculture
Certains acteurs craignent qu’avec l’arrêt des financements, on ne subisse des catastrophes sanitaires d’une ampleur inédite. Pour éviter ce désastre, les comités interprofessionnels ont demandé un entretien au plus vite avec la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Ils espèrent qu’elle reviendra sur sa décision.
La grippe aviaire touche également les humains
Il faut préciser que l’influenza ou grippe aviaire ne concerne pas que la volaille. Cette maladie s’attaque aussi aux oiseaux sauvages. Elle constitue par ailleurs une préoccupation majeure de santé publique avec des infections chez les humains. Depuis 1997, au moins 2720 cas ont été rapportés dans le monde entier, y compris dans les régions polaires.